Un débat qui dérange

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Le débat actuel sur les Roms est malsain et caricatural. Malsain d’abord parce que la politique du chiffre est inappropriée quand il s’agit de populations en situation de dénuement extrême dont le comportement répréhensible de quelques-uns ne saurait être assimilé à une faute collective. Caricatural ensuite parce que les outrances verbales servent de paravents à l’absence de propositions alternatives concrètes. Comparer la politique des « retours volontaires avec indemnité » à l’extermination des juifs durant la seconde guerre mondiale est inacceptable alors qu’il s’agit de l’application d’une loi en vigueur depuis quelques années. Débat malsain et caricatural enfin parce que l’écume des vagues masque la proportionnalité de la situation. Combien sont-ils les Roms en situation illégale ? Combien des dix mille personnes renvoyées chaque année, reviennent ? Comment font les autres pays européens ? Que fait la Roumanie soutenue financièrement par l’Europe, pour les intégrer ?
Tout cela est évidemment marqué de toutes parts, d’arrière-pensées politiques. Sauf de la part du Pape qui lui, ne sera pas candidat en France en 2012 ! Mais qu’a donc dit Benoît XVI pour qu’il ait un tel succès médiatique ? En fait, rien de très nouveau. Il a simplement répété ce que l’Église dit depuis des siècles de la part de Jésus-Christ : « ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites… J’étais étranger et vous m’avez accueilli…  » L’Église est évidemment dans son rôle quand elle rappelle les valeurs de l’Évangile pour permettre un « vivre ensemble » dans le respect de chacun et notamment des plus petits. N’en déplaise à tous ses détracteurs habituels, pour une fois adeptes surprises de Benoît XVI, ce sont toujours les mêmes valeurs qui lui font obligation de répéter les principes qui doivent guider les décisions dans tous les domaines de la vie publique ou privée : social, économie, bioéthique, ou encore avortement et euthanasie. Reste alors le plus difficile : prendre des décisions politiques à l’aune de ces valeurs ! Derrière les principes, il y a des réalités et personne n’a de réelle solution pratique et réaliste. On n’entend personne réclamer l’installation d’aires de stationnement pour les Roms ou les gens du voyage à proximité de chez lui ou la régularisation de tous les réfugiés en situation illégale !
Oui, le démantèlement de camps illégaux de Roms, réfugiés chez nous parce que marginalisés chez eux, nous met mal à l’aise. On préférerait peut-être l’hypocrisie d’une ignorance silencieuse à l’examen d’une réalité objective. Dans deux semaines, quand on sera engagé dans la réforme des retraites, on sera sans doute bien content de passer à autre chose. Mais le sort de ces populations misérables et instrumentalisées ne sera pas réglé pour autant. Ni les problèmes sanitaires ou de sécurité qui se posent chez nous. Ni les conditions de leur intégration dans leur pays d’origine. Il est de notre responsabilité collective d’assumer, en l’occurence à l’échelle européenne, la question du partage des richesses et de la solidarité. Et il appartient aux dirigeants de poser le débat dans des termes qui conviennent à nos valeurs.

Modèle en échec

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Nicolas Sarkozy est le premier Président de la République à faire officiellement le lien entre « immigration insuffisamment régulée » et délinquance. Le Rubicon du politiquement correct est franchi, lequel n’était jusqu’ici traversé que par les outrances de Jean-Marie Le Pen… Bien des commentateurs et journalistes condamnent ces propos présidentiels mais le Parti Socialiste lui-même se garde d’en rajouter trop. Peut-être parce qu’il est en vacances. Plus sûrement parce qu’il craint de se retrouver à contre-courant de l’opinion publique ! Car ne nous y trompons pas. La population est exaspérée par tous ces actes de violences graves. Et quand les policiers eux-mêmes se sentent menacés ou sont attaqués avec des armes de guerre, nos concitoyens n’ont pas besoin d’habiter des cités « chaudes » pour être saisis de peur et réclamer le retour de l’ordre. À tout prix.
Les déclarations de Nicolas Sarkozy sur une possible déchéance de l’identité nationale des auteurs de violences sur représentants de l’autorité publique, ne doivent donc rien au hasard. Il prend en compte la réalité objective d’une actualité tragique qu’il veut sincèrement combattre. Et il se sait mieux placé que beaucoup pour reconquérir l’opinion avec le thème de l’insécurité. Il en a fait depuis 2002 sa marque de fabrique.
Pour autant, et le véritable risque de dérapage est là, peut-on dire ou laisser penser que les immigrés seraient par définition, nature et tempérament, plus enclin à la délinquance ? La réponse est non, mille fois non. Aucune statistique n’apportera jamais la preuve qu’il y a un lien entre immigration et violence. Pas parce que c’est faux, mais parce qu’il est interdit en France de faire des recensements par origine, race ou culture ! On se contente donc d’a priori, de on-dit et de ressentis que corrobore hélas le témoignage de ceux qui fréquentent les prisons… Aussi, ne pourrait-on pas reconnaître unanimement enfin, que le modèle d’intégration que nous avons choisi depuis des décennies est un échec ? Y a-t-il sacrilège à dire que l’assistanat généralisé et la victimisation systématique des jeunes issus de l’immigration ont conduit une minorité d’entre eux, à la ghettoïsation et à l’extrémisme ? Le témoignage d’un ancien directeur d’une maison des jeunes et de la culture de Grenoble, disponible sur le site internet de l’hebdomadaire Marianne, est de ce point de vue édifiant.
L’écrivain, philosophe et académicien, Jean-François Revel, en son temps, ou le journaliste Éric Zemmour aujourd’hui, n’ont pas été les derniers à fustiger la pensée unique. À leurs dépens souvent.
Sur une question aussi essentielle pour notre société, ce n’est pas d’une guerre idéologique droite gauche dont nous avons besoin mais de réponses adaptées à la réalité. Des mesures qui ne soient prises ni dans la précipitation au mépris de nos valeurs ni dans le déni de la réalité sous la pression de l’idéologie dominante.

Vite, à la maison !

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Le feuilleton des bleus à la Coupe du monde en Afrique du Sud tourne à la tragi-comédie. Qu’ils rentrent immédiatement. Ils nous ridiculisent à la face du monde !
C’est Domenech qui doit être heureux ! C’est lui et lui seul qui essuyait jusqu’ici toutes les critiques, souvent caricaturales, des supporters et autres commentateurs. Sa responsabilité n’est pourtant pas nulle dans l’affaire, mais encore un peu et il va redevenir populaire.
L’équipe de France n’aurait jamais dû aller en Afrique du Sud. Elle n’en avait pas les moyens ni le niveau. Sa sélection contre les Irlandais restera dans les annales (ils doivent bien rire les Irlandais !). Elle était déjà indigne. On a gagné parce que Thierry Henry a triché. Si on avait été à la hauteur de l’idée que l’on se fait de nous-mêmes et de notre pays, on aurait dû proposer de rejouer ce fameux match. On l’aurait sans doute perdu et ça nous aurait épargné cette humiliation planétaire. Et au moins, ça aurait eu “de la gueule” ! Depuis ce jour là, tout le reste n’est que de la comédie aux frais de la princesse ! Allez, vite à la maison et au boulot pour reconstruire une autre équipe, avec d’autres jours qui pourront d’ici une, deux ou trois coupes du monde, faire vibrer tout le pays et au delà du cercle des initiés et passionnés ordinaires.

A l’appel

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« Tout le monde a été, est ou sera gaulliste…  » Le général de Gaulle ne s’était pas trompé quand il faisait ce pari sur l’esprit français. Aujourd’hui, effectivement, il fait l’unanimité ou presque, y compris chez les héritiers de ses plus virulents détracteurs. Avec le temps, la dimension du personnage historique s’impose dans tous les domaines, y compris la littérature. Il n’y a bien que le syndicat national de l’enseignement secondaire pour contester que l’on mît l’auteur de Gaulle au programme des cours de français…
Le gaullisme est né à Londres le 18 juin 1940. Au cœur de la nuit, une voix s’est élevée pour prononcer un discours mythique et fondateur qui a bien failli ne jamais être ni enregistré, ni entendu. C’est ça l’histoire : la rencontre entre une situation et une personnalité d’exception, soumise aux aléas du hasard ou de la providence. Le triple anniversaire que l’on célèbre cette année, celui de sa naissance en 1890, de sa mort en 1970 et de son célèbre appel, tombe à pic dans cette période de doute. Il ne s’agit pas de faire dire au général des choses qu’il n’a jamais pu imaginer sur la situation de ce XXIe siècle. Mais il n’est peut-être pas inutile de s’interroger sur ce qu’est le gaullisme, autrement dit sur les valeurs qu’il représente encore. Tout est déjà contenu dans ce texte court et incisif du 18 juin, magnifiquement servi par une voix et un ton incomparables : la volonté et l’espoir, l’absence de tout renoncement ou compromission, l’exigence et l’ambition, le sens de l’effort, une idée certaine de l’État et de son indépendance. Quelles que furent les vicissitudes de sa vie politique ou certaines de ses erreurs, de Gaulle n’a jamais été sensible aux enquêtes d’opinion. Il avait une vision de l’avenir portée par un tempérament hors du commun et qui s’appuyait sur une vaste culture historique. Il proposait alors un chemin sans jamais forcer personne à le suivre. L’orgueilleuse distance dans laquelle il se tenait vis-à-vis des autres, des choses et du pouvoir, lui donnait cette indépendance et cette capacité à se situer toujours au-dessus de tout et de tous.
On aurait tort de penser qu’il était l’archétype d’une génération. Les hommes politiques de son époque n’étaient ni meilleurs ni pires que ceux d’aujourd’hui. Et de Gaulle a fait souvent l’amère expérience de leurs petitesses et leurs combinaisons. Mais sa voix, son autorité, sa stature savaient entraîner les autres, eux-mêmes capables de renoncer à leurs petits intérêts personnels pour servir l’intérêt général. Contrairement à ce que d’aucuns craignaient en novembre 1970, la France n’est pas morte avec lui. Mais comment ne pas reconnaître qu’il lui manque singulièrement aujourd’hui de croire en elle-même, en son passé comme en son avenir. C’est peut-être cela, rester gaulliste : avoir foi en nos capacités de faire face, se retrousser les manches et s’engager personnellement et collectivement dans un effort de redressement, d’où surgissent toujours l’honneur et la liberté.

L’enfer me ment

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Si l’objectif de l’organisation non gouvernementale islamiste turque était d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation des Palestiniens de Gaza, c’est gagné ! Après l’assaut de l’armée israélienne contre les bateaux qui voulaient leur acheminer de l’aide humanitaire et la dizaine de victimes civiles, ce conflit séculaire qui empoisonne le Moyen-Orient en particulier et les relations internationales en général, est revenu au centre de l’actualité. De toute évidence, la flottille savait les risques qu’elle prenait à braver les interdictions qui lui avaient été adressées. Elle n’avait aucune chance d’arriver à bon port. Le même convoi, mais par la route, aurait pu atteindre son but affiché : aider un peuple enfermé dans une prison à ciel ouvert. Mais c’eût été moins spectaculaire. En pleine mer, une ONG attaquée par une armée réputée invincible, c’est quand même meilleur pour les images. Et cette guerre-là, celle des images, Israël l’a perdue depuis bien longtemps. Comment un si grand peuple, héritier d’une si belle, longue, noble et douloureuse histoire, a-t-il pu se laisser enfermer dans la position d’un pays incapable de construire une paix durable ? L’idée que l’on se fait d’Israël mérite mieux que cela. Longtemps menacé par tous ses voisins auxquels il s’est militairement imposé pour exister, Israël a joui d’une légitimité aujourd’hui contestée. Seul îlot de démocratie dans un océan de régimes oligarchiques, l’État hébreu vit sous la menace permanente de tous ceux qui rêvent sa destruction. Et l’évolution démographique de la région ne joue pas en sa faveur. Quand un intellectuel égyptien, formé dans les universités occidentales, avoue en aparté que son pays a fait la paix avec Israël parce qu’il n’a pas les moyens de « les remettre à la mer », on peut effectivement être inquiet des suites…
Et du coup, chacun de s’interroger : cette guerre entre deux peuples rivaux mais pourtant condamnés à coexister, finira-t-elle un jour ? Sauf quelques dizaines de milliers d’extrémistes de par le monde, tout le monde est las de cette situation et voudrait croire qu’il vivra assez vieux pour voir naître enfin quelque espoir de paix. Mais il y faut une résistance culturelle et spirituelle à toute épreuve…
La communauté internationale unanime pour souhaiter la paix n’a aucune sorte d’influence réelle sur le cours des choses. Aucune condamnation verbale d’aucune action violente d’où qu’elle vienne n’a jamais fait bouger les lignes de fracture. Au contraire, au fur et à mesure que les années passent, on a le sentiment que le peuple d’Israël sentant monter le ton des rodomontades, laisse s’élever le mur derrière lequel il s’imagine à l’abri. Croyant qu’il ne peut bientôt plus compter que sur lui-même, il serre les rangs derrière son gouvernement et son armée. Il s’enferme lui aussi hélas dans ses certitudes et ses peurs. Or, comme à chacun, « l’enfer me ment ».

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