Merci Gaston

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Le 6 février, c’est la Saint Gaston ! Et c’est donc la journée annuelle sans téléphone portable grâce à Nino Ferrer qui chantait : « Gaston, y’a le téléphon qui son, et y’a jamais person qui y répond ! ». En 2001, un écrivain français, Phil Marso, a fait le rapprochement et a proposé une journée « 100 % libres sans être esclaves de notre mobilou ».Il y a comme ça chaque année, plusieurs journées « sans » : la journée sans achat, la journée sans viande, la journée sans tabac, la journée sans voiture aussi… Et si l’on osait, on proposerait bien la journée sans ordinateur, à la maison au moins ! Un jeûne nouvelle version en quelque sorte.

Chacune de ces journées n’a pas le succès espéré par ses initiateurs mais toutes ont un parfum de liberté. Un goût d’heureuse frugalité dans des sociétés repues de consommation. Inimaginable il y a encore quelque trente années pour des générations « modernes », cette idée de se priver volontairement de quelque chose redevient populaire depuis que l’on a compris que le « toujours plus » est une mauvaise solution. Le souci écologique participe de ce souci de préserver. Se préserver soi-même, préserver la planète et préserver les autres…

Depuis la nuit des temps, le jeûne alimentaire témoigne d’une préoccupation diététique et intellectuelle. On nous dit que Socrate et Platon déjà, plusieurs siècles avant notre ère, jeûnaient régulièrement. Au-delà des aspects proprement sanitaires de l’exercice, le peuple hébreu durant son long périple biblique, est invité à de multiples reprises à jeûner. Un jeûne pour changer les choses, pour se libérer d’un esclavage, d’un comportement malsain…

Curieusement, c’est peut-être le ramadan des musulmans, qui nous a fait redécouvrir ces dernières années, encore petitement pour l’instant, les vertus du jeûne. De leur côté et depuis 2000 ans, les catholiques appellent ce temps « carême », à l’imitation de Jésus qui a lui aussi jeûné quarante jours durant dans le désert. Evidemment, toutes les journées « sans » d’aujourd’hui n’ont pas pour ambition d’opérer un retour social à un jeûne religieux ! Mais cette kyrielle d’initiatives diverses et variées témoignent d’un besoin naturel de sobriété. C’est quand on sort d’un bon repas que l’on rêve de ne plus se remettre à table ! C’est parce qu’il observe un régime strict que le sportif est capable de performances.

Dans un monde occidental saturé, on redécouvre le besoin du manque. On sent bien qu’il y a autre chose à contenter que l’estomac, qu’il peut y avoir une vie dans le silence, qu’il n’est pas toujours nécessaire d’être branché pour respirer, voir et comprendre. Sinon, c’est une vie artificielle sans lendemain ! Le jeûne pour le jeûne n’a pas de sens s’il n’opère pas un revirement. Il est peut-être temps de se réaménager des rythmes, de laisser retomber l’écume des choses et déconnecter nos dépendances modernes, au moins l’espace d’un moment, pour mieux s’ouvrir aux autres et qui sait à l’Autre…

la France propose, l’Allemagne dispose…

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La grèce est un magnifique pays dont l’histoire est aussi la nôtre. Mais il n’est pas besoin d’être un grand spécialiste des affaires économiques ni d’avoir longtemps vécu sur les rives du Péloponèse pour savoir que la rigueur et la transparence appartiennent toujours à la mythologie ! Pas étonnant donc que l’Europe découvre aujourd’hui la réalité des déficits grecs longtemps cachée aux experts. On en mesure depuis quelques semaines la gravité avec les conséquences sur l’économie du pays et la santé de l’Euro. Les chefs d’Etat des 27 vont tenter et sans doute réussir aujourd’hui jeudi 11 février, le sauvetage financier de l’un des leurs, avec évidemment à la clé des prêts, des cautions et un plan de rigueur drastique pour nos amis grecs qui n’avaient pas élu récemment un gouvernement socialiste pour cela…
Du coup, c’est l’Europe qui va peut-être dans ces circonstances difficiles, rebondir. Munie d’un nouveau Parlement, d’une nouvelle commission et d’un exécutif stable, elle doit faire la preuve de sa cohésion, de sa détermination pour rassurer les marchés et décourager les spéculateurs. D’un mal, la crise grecque, peut naître un bien, la politique économique européenne.
Quelques enseignements :
- l’Europe ne peut pas se permettre que des pays membres de l’Euro-groupe, aient les moyens de cacher la réalité de leurs finances. Il en va de sa crédibilité, de sa solidité et de son avenir. La commission va donc devoir renforcer ses moyens de contrôle et donc peser sur l’indépendance relative de chacun des Etats.
- Il ne peut y avoir d’Europe forte sans politique économique commune. Beaucoup reste à faire mais la crise mondiale et cette crise des finances grecques vont peut-être, on doit le souhaiter en tout cas, nous obliger à progresser vite et fort sur cette voie là.
- Les taux d’intérêts faibles permettent à des pays comme la France de diminuer les intérêts de leur dette qui ne cesse de gonfler pour atteindre aujourd’hui le montant de 40 milliars d’euros par an, soit un montant équivalent à l’impôt sur le revenu des personnes physiques que les Français payent. Si d’aventure, les taux d’intérêt remontent, c’est notre dette qui va encore augmenter ! Autant dire que si la signature de la France n’est pas aussi dégradée que celle de la Grèce, l’urgence de rétablir l’équilibre de nos finances publiques s’impose. Et pour cela, il faut évidemment réformer (on le fait dans l’urgence et la douleur pour n’avoir pas su, pu et voulu, le faire avant). Tout le monde sait que c’est non pas nécessaire, mais obligatoire et urgent mais aussi douloureux. Ce sera tout l’enjeu des prochains mois et années. Les prochaines élections présidentielles et législatives se joueront sur cette question là : quel(le) est celui (ou celle) le mieux à même de tenir un discours pédagogique de vérité et d’austérité, capable non pas de séduire mais d’entraîner la majorité des électeurs dans la voie du rétablissement ? Aujourd’hui, notre parole et nos actions internationales sont entachées d’un manque de crédibilité économique. Les Allemands sont moins politiques que nous mais ils ont les moyens de décider. “La France propose, l’Allemagne dispose” disait ce matin Alain Duhamel sur RTL

La belle affaire !

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Patrick Balkani, sulfureux député-maire de Levallois-Perret et Brigitte Bardot auraient eu une aventure amoureuse… dans les années 60 !!! La belle affaire. Elle dément, lui l’affirme, trop content peut-être d’inscrire cette “prise” dans son vieux tableau de chasse ! Mais quelle importance vraiment ? En quoi cela peut-il nous intéresser ? Et pourtant, ce jeudi 11 février, dans le journal de 7 h 30 de la première radio de France (en nombre d’auditeurs !) cette information a fait l’objet d’un développement significatif au beau milieu des autres évènements de France et du monde. Comment peut-il y avoir des journalistes dignes de ce nom et de ce magnifique métier, pour accepter de mélanger le people et l’info ?

Occasion manquée

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À ce stade, le débat sur l’identité nationale a suscité beaucoup de commentaires a priori unanimes pour le dénoncer et il n’a débouché que sur quelques mesurettes purement symboliques. S’il devait en rester là comme d’aucuns le prédisent, ce serait carrément un échec.
Il faut dire que, dès le départ, le débat était suspect. Suspect pour tous les mouvements antiracistes et leurs nombreux relais parisiano-médiatiques pour qui « identité nationale » ne rime qu’avec discrimination et exclusion. Suspect le débat pour tous ceux qui ont voulu croire que la question ne se résumait qu’à des problématiques d’immigration. Suspect aussi pour être né à quelques mois seulement des élections régionales. L’opposition a été trop heureuse et non sans raison, de dénoncer là un opportunisme électoral. Le chef d’orchestre de l’opération lui-même, le ministre de « l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire » est devenu l’homme à abattre. Telle une pelote qu’un chat ne laisse échapper que pour mieux s’en ressaisir et la maltraiter, Éric Besson, renégat pour ses ex-alliés socialistes et sulfureux pour ses nouveaux amis politiques, a été l’objet d’un procès politique incessant. Comparer cet élu de la Drôme à Pierre Laval ou Marcel Déat de sinistre mémoire, c’était quand même pousser loin le bouchon de l’outrance.
« Qu’est-ce qu’être français ?  » La question valait pourtant d’être posée. Et nous avons gâché là une belle occasion de nous interroger collectivement. Les quelque 342 débats organisés dans chacun des arrondissements n’ont pas toujours réuni beaucoup de monde. Mais ils ont souvent donné lieu à des échanges de bon niveau. Idem pour l’analyse par la Sofres des contributions déposées sur le site internet du débat…
En quelques décennies, nous avons beaucoup changé et le monde avec nous. Les dangers extérieurs (Allemagne, URSS…) qui, au XXe siècle, nous tenaient unis les uns avec les autres, ont heureusement disparu. Nous étions autrefois une grande puissance militaire, politique, économique et culturelle. Nous mesurons aujourd’hui ce que nous sommes au regard de ce que pèsent les grandes puissances émergentes. L’Europe est notre horizon et notre cadre de vie mais nous savons bien que son unité imparfaite signe aussi sa faiblesse politique… Nous sommes un pays d’immigration. C’est notre histoire, notre culture et notre richesse. Mais l’intégration ne va pas de soi. Bref, nous doutons beaucoup de nous-mêmes et de notre avenir, en tout cas plus qu’aucun autre pays, paraît-il.
Pour l’historien Max Gallo, « l’identité nationale, c’est une notion toujours en mouvement, toujours mobile. Nous avons des identités personnelles multiples et il est important de s’interroger sans cesse sur notre identité commune qui dépasse toutes les autres…  ». Pourquoi ne devrions-nous pas parler de tout ça, sous une forme de débat à réinventer ? Cela reste nécessaire, n’en déplaise aux tenants de la pensée unique qui nient les réalités sociales et populaires.

Piège intégral

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La loi sur l’interdiction du port de signes religieux ostensibles à l’école fut en 2004 l’aboutissement d’un débat enflammé. Pendant quelque quinze années, on s’est interrogé sur l’opportunité d’autoriser ou non le port du voile islamique par les jeunes filles, puisqu’il s’agissait bien d’abord de ce signe religieux là. Et que constate-t-on depuis six ans ? Le phénomène s’est apaisé. En tout cas, on ne relève pas de mouvements significatifs qui tendraient à prouver que la loi n’est pas appliquée, même si certains s’inquiètent du nombre croissant d’écoles confessionnelles, hors contrat avec l’État.
L’affaire de la fameuse burqa est une nouvelle tentative d’éprouver la République pour laquelle le visage à découvert est le premier signe de notre humanité et de notre liberté. C’est un piège qui se tend sous les pas de la démocratie. Toutes les familles politiques, tous les courants de pensée et chacun de nous, tous nous sommes traversés d’avis contraires sur l’opportunité de légiférer à nouveau. Les Salafistes cherchent évidemment à instrumentaliser la religion musulmane au profit de leurs délires extrémistes. La commission parlementaire vient de rendre son rapport qui, sans être capable de s’exprimer à l’unanimité ( !), souhaite que le port du voile intégral soit prohibé parce que « contraire aux valeurs de la République…  ».
Cette commission n’a curieusement pas interrogé les autorités religieuses chrétiennes ou juives. Mais leur embarras est manifeste. Non pas qu’elles se réjouissent de la burqa mais elles veulent déconfessionnaliser le problème par crainte qu’une nouvelle loi sur les signes religieux ne vienne encore restreindre la libre manifestation de la foi dans l’espace public.
Ils ont évidemment raison tous ceux qui soulignent que cette burqa est le signe très minoritaire d’un malaise, conséquence de l’exclusion sociale et des discriminations. Mais que faire ? C’est une musulmane, Dounia Bouzar, anthropologue et spécialiste des religions, qui le dit chez nos confrères de Pèlerin du 21 janvier : « si on ne fait rien aujourd’hui, une femme recouverte d’un drap noir n’attirera même plus l’attention d’ici à dix ans…  ». Il faut donc envoyer un signal fort et c’est sans doute une loi qui s’impose à condition d’évaluer auparavant la loi de 2004 sur le voile à l’école. Loin de montrer du doigt tous les musulmans, ce serait un soutien clair envoyé à ceux qui interprètent déjà le Coran à l’aune des valeurs républicaines. Beaucoup se sentent menacés dans leur intégrité physique au motif qu’ils se sont déclarés hostiles à toutes ces manifestations d’un intégrisme rampant.
Qu’on le veuille ou non, cette question interroge toute la société. Le débat sur l’identité nationale aurait pu permettre, s’il avait su associer tous les acteurs politiques, sociaux et religieux, de nous redire nos valeurs faites de tolérance, d’ouverture, de générosité et de laïcité, tout en reconnaissant légitime toute quête de Dieu. C’est parce qu’on ne sait pas bien qui on est, que l’intégration

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